QUELLES LIBERTES PUBLIQUES MONITORER EN PERIODE ELECTORALE

mercredi, 02 mai 2018 00:00

Le monitoring des libertés et des droits humains fait partie des activités clés de l’observation électorale. Cela, d’autant que le droit des citoyens et électeurs de se réunir, s’associer, d’exprimer leurs opinions ou convictions politiques, de manifester pacifiquement et de voter est important pour une la participation des citoyens aux affaires publiques et pour des élections inclusives, libres, justes, transparentes et crédibles. Il en est de même pour le droit à l’information et de circulation, la représentation équitable de la femme et des minorités au  sein des institutions ainsi que le droit à la vie et à l’intégrité physique.

Cependant, il est aussi important pour les observateurs électoraux de savoir que les pouvoirs publics peuvent, dans certaines conditions, limiter l’exercice de certaines libertés publiques et individuels et même faire usage de la force publique pour maintenir l’ordre.

Les droits individuels et politiques ainsi que les conditions de leur exercice sont, entre autres,  les points abordés et discutés au cours de l’atelier de formation des analystes juristes des missions citoyennes d’observation électorale en RDC, qui se tient du 02 au 04 mai à Kinshasa, à l’initiative du Projet de Renforcement de l’Observation Citoyenne des Elections en RDC (PROCEC).

Les participants viennent des provinces de la RDC, notamment des villes de  Bukavu, Goma, Kananga, Kikwit, Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Mbandaka, Mbuji-Mayi.

Entre autres thématiques abordées,  les analystes juristes citoyens ont été informés de ce que si le contenu de leur rapport compte, la manière dont ils surveillent le respect ou non des droits humains est importante. Ainsi doivent – ils savoir quel type de violation peut être considéré comme une atteinte aux droits de l’homme, dans quelle mesure la loi limite l’exercice du droit de se réunir ou de manifester, quelles informations sont nécessaires pour établir s’il y a violation ou pas des droits humains, quelle méthode utiliser pour recueillir et vérifier  les informations etc. 

Cette session de formation s’inscrit dans le cadre de la professionnalisation de l’observation citoyenne des élections en RDC, menée par le PROCEC en faveur de ses bénéficiaires que sont d’une part les organisations membres de la synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL) et de la Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP) de la Commission Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).

L’observation des élections par des groupes citoyens bien organisés et bien formés peut contribuer de manière significative à la transparence et à la crédibilité des scrutins en en atténuant le potentiel de contestation et de conflit. C’est le sens du renforcement de capacité auquel le PROCEC s’attelle, en vue de la constitution d’un réseau d’analystes professionnels au sein de la société civile congolaise pour l’évaluation du processus électoral.

L’atelier est facilité par deux experts en matière droits humains, à savoir M. Halidou Ngana du Bureau conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC et Maitre Marie Andre Muila, juriste et membre de la Mission d’Observation  Electorale de la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (MOE SYMOCEL).